Histoire et patrimoine

Aubigny-sur-Nère,
une ville chargée d’histoire

Située entre le Berry et la Sologne, Aubigny-sur-Nère est une ville au passé riche et singulier.

Son patrimoine architectural, son héritage écossais unique et ses traditions locales en font un lieu marqué par l’histoire, où le passé continue de façonner l’identité de la commune.

Ancien bourg médiéval actif, c’est durant la Guerre de Cent Ans que l’histoire de la ville d’Aubigny-sur-Nère prend une tout autre dimension. En 1423, pour remercier les troupes écossaises venues soutenir la couronne de France face à l’Angleterre, le roi Charles VII offre la seigneurie d’Aubigny à Jean Stuart de Darnley, cousin du roi d’Écosse et chef des forces alliées.
Ce don royal s’inscrit dans le cadre de l’Auld Alliance, un traité de défense signé en 1295 entre la France et l’Écosse pour faire front commun contre l’ennemi anglais. Bien plus qu’un accord militaire, ce pacte scelle une amitié durable entre les deux royaumes – une amitié dont Aubigny devient l’un des symboles les plus emblématiques.
L’installation de la famille Stuart à Aubigny marque ainsi le début de plus de deux siècles de présence écossaise, qui façonneront en profondeur l’histoire, l’architecture et l’identité de la ville.

Les Stuarts d’Aubigny

Pendant 250 ans, la lignée des Stuarts marque profondément l’histoire d’Aubigny. Plusieurs d’entre eux se distinguent sur les champs de bataille, notamment lors des guerres d’Italie, où ils commandent les armées royales françaises. Leur influence se retrouve dans l’architecture locale, notamment dans les châteaux d’Aubigny et de la Verrerie, imprégnés du style Renaissance

En 1512, un terrible incendie ravage le centre-ville. Sous l’impulsion des seigneurs écossais, Aubigny est reconstruite et fait place aux nombreuses maisons à colombages caractéristiques de la ville, qui font encore aujourd’hui tout le charme de son coeur historique.

Aux XVI et XVII siècles, Aubigny devient un centre actif du commerce du drap. Les moulins tournent, les faubourgs accueillent les ouvriers, et l’économie locale prospère. Ce savoir-faire perdure jusqu’au XIXe
siècle, notamment à travers la célèbre chemiserie, dont les locaux accueillent aujourd’hui la Maison des Associations.

En 1672, à l’extinction de la lignée des Stuarts d’Aubigny, la seigneurie revient à la couronne de France. L’année suivante, Louis XIV en fait don à Louise de Kéroualle, favorite du roi d’Angleterre Charles II Stuart. Louise de Kéroualle devient duchesse d’Aubigny et s’investit activement dans l’embellissement de la ville. Elle fait agrandir le château et commande la création des Grands Jardins à un disciple du célèbre paysagiste André Le Nôtre. Ces jardins à la française, aujourd’hui propriété de la commune, constituent l’un des trésors du patrimoine de la ville

Aujourd’hui encore, Aubigny-sur-Nère cultive avec fierté son identité franco-écossaise. Chaque été, les Fêtes Franco-Écossaises rassemblent habitants et visiteurs autour de concerts, défilés en kilt, cérémonies officielles et reconstitutions historiques. C’est une manière joyeuse et conviviale de faire revivre l’Auld Alliance et l’histoire unique de la ville

Un patrimoine riche

Aubigny-sur-Nère possède un patrimoine remarquable, témoin de son histoire et de son identité. Entre architecture Renaissance, influence écossaise, maisons à pans de bois et jardins à la française, les ville offre un cadre unique où il fait bon flâner et découvrir chaque lieu marqué par l’histoire du territoire.

Symbole de l’histoire écossaise d’Aubigny, le Château des Stuarts est un bel exemple d’architecture Renaissance. Construit au XVIe siècle par Robert Stuart, puis embelli par Louise de Kéroualle, il ne subsiste aujourd’hui que la façade et l’aile gauche de l’édifice d’origine.
Le pavillon d’entrée, avec ses tourelles en encorbellement, conserve les armes de la famille Stuart. À l’intérieur, on peut admirer des tapisseries d’Aubusson offertes par Louis XIV et de grandes cheminées ornées d’armoiries. On y retrouve également un plafond en forme de coque de bateau renversée, une porte d’escalier finement sculptée, ainsi que chambre de Louise de Kéroualle, reconstituée récemment.
Libéré en 2010 d’un ajout en béton du XXe siècle, le château a retrouvé toute sa splendeur architecturale. La grande salle du château accueille aujourd’hui des expositions culturelles tout au long de l’année.

Situés derrière le Château des Stuarts, les Grands Jardins forment un bel espace de promenade en plein coeur de la ville. Aménagé et agrandi au XVIIe siècle par Louise de Kéroualle, duchesse de Portsmouth, le parc fut dessiné par un disciple d’André Le Nôtre, célèbre créateur des Jardins de Versailles.

On y trouve encore aujourd’hui de magnifiques charmilles, vestiges du jardin à la française d’origine. Au centre, le jardin à l’anglaise offre pelouses, chemins sinueux, massifs fleuris et une grande variété d’essence d’arbres dont deux imposants séquoias géants, labélisés « Arbres remarquables » pour leur taille et leur beauté.

Après le terrible incendie de 1512 qui détruisit presque toutes les habitations de la ville, Aubigny fut reconstruite avec l’aide de Robert Stuart, seigneur de la cité, qui autorisa les habitants à utiliser le bois de ses forêts. C’est à cette époque que s’élèvent les maisons à colombages qui font encore aujourd’hui le charme du centre-ville.
Parmi elles, plusieurs bâtisses se distinguent par leur valeur architecturale et historique :

La Maison dite François Ier : Construite en 1519, cette maison remarquable présente une façade décorée de motifs losangés raffinés, visible rue du Bourg Coutant, tandis que la façade arrière, plus discrète, donne sur la rue de la Croix Saint-André. Elle combine des éléments gothiques et renaissants. La légende veut que François Ier y ait séjourné, ce qui explique son nom — même si le roi n’est jamais venu à Aubigny. Aujourd’hui, elle accueille des expositions temporaires.

La Maison dite Jeanne d’Arc : Plus modeste, cette maison étroite illustre bien l’habitat populaire du XVIe siècle. Sa façade, dotée d’une seule travée, est ornée de panneaux à croix de Saint-André, un motif typique du Berry et de l’Orléanais. Son nom vient d’une sculpture en façade côté cour, supposée représenter Jeanne d’Arc.

La Maison dite du Bailli : Édifiée après 1523, cette demeure conserve un riche décor sculpté et des motifs losangés propres aux maisons de notables. Sur l’un des poteaux d’angle, on distingue les initiales de Robert Stuart et de ses deux épouses, Anne puis Jacqueline de la Queuille. Divisée aujourd’hui en plusieurs logements, elle aurait été la résidence du bailli, l’officier de justice du seigneur.

Et ce ne sont que quelques exemples : en parcourant la ville, vous pourrez également admirer la Maison de Saint-Jean, la Maison Bourdoiseau ou encore celle du Pont des Foulons, autant de témoins de la renaissance d’Aubigny après 1512.

Témoignage de l’architecture religieuse en Sologne, le Cloître des Augustins noirs mêle harmonieusement briques et pierres, dans un style typique de la région. Fondé au XVIe siècle par les Ermites de Saint-Augustin, il fut occupé par les moines jusqu’à la Révolution.
L’ensemble, comprend des bâtiments à encadrements de baies en brique, soulignés par un élégant double cordon décoratif. Transformé en hospice communal en 1818, il abrite aujourd’hui des associations culturelles et des clubs de la ville.

A l’entrée de la porte sud, ses clochers tors comme de gigantesques flambeaux invitent à entrer dans le coeur de la ville. Ses clochetons ont été construits en 1881 par Henri Bourdoiseau artisan charpentier d’Aubigny.

Édifiée sur l’emplacement d’une chapelle fondée au XIe siècle par les chanoines de Saint-Martin de Tours, l’église Saint-Martin est l’un des plus anciens édifices d’Aubigny. Elle conserve de cette époque le portail sud, daté du XIIe siècle, vestige de l’époque de Philippe Auguste.
L’église subit plusieurs remaniements au fil des siècles, notamment une reconstruction majeure au XVIe siècle, à la suite du grand incendie de 1512. La nef, datant du XIIIe siècle, est remarquable par ses voûtes sexpartites, un type d’architecture que l’on retrouve dans plusieurs églises du Berry.
À la fois lieu de culte et témoin de l’histoire locale, l’église Saint-Martin reste aujourd’hui un repère central dans le paysage urbain d’Aubigny.